50'000 cas d’Alzheimer en 2010

et aucune structure d’accueil !

 

25 millions de malades dans le monde, 750’000 cas en France, deux à trois fois plus aux Etats-Unis, la maladie d’Alzheimer est au Maroc la première cause de démence chez les patients.

Le nombre de cas augmente, en même temps que l’espérance de vie. La prise en charge du malade est très lourde. Une association vient d’être créée pour le soutien aux familles.

Où en est la maladie au Maroc ? A l’occasion de la 12e journée mondiale de la maladie d’Alzheimer [2005, NDLR], célébrée chaque année le 21 septembre, une mise au point a été faite à Casablanca par les responsables du service de neurologie A et neuropsychologie, attaché à l’hôpital des spécialités de Rabat, en partenariat avec les laboratoires Pfizer.

Impossible de livrer un chiffre exact, mais tout porte à croire qu’elle est en augmentation proportionnellement à l’augmentation de l’espérance de vie au Maroc (5 % de la population marocaine sera âgée de 65 ans et plus en 2020.)

Un chiffre a été quand même avancé : d’ici 2010, ils seront plus de 50’000 marocains à souffrir de cette pathologie. Le Dr Chafiq, neurologue à Casablanca, estime le nombre encore plus important selon sa propre expérience : dans son cabinet, il reçoit au moins un malade chaque jour. Et il y a des cas précoces : on peut être touché dès l’âge de 52 ans. Toujours d’après l’expérience de Dr Chafiq, de plus en plus de Marocains viennent consulter et ce sont les familles elles-mêmes qui font le diagnostic et viennent chez le médecin présenter leur malade à l’auscultation, évoquant d’emblée «kharaf addimagh» (vieillesse du cerveau).

Le plus difficile dans la maladie d’Alzheimer n’est pas uniquement la perte de mémoire du malade, celle de ses facultés intellectuelles et de son autonomie, mais aussi le fardeau qu’il représente alors pour son entourage. La guérison est impossible et le traitement médical est onéreux (1’200 DH par mois). Or, la majorité des Marocains ne consultent que tardivement et le traitement ne fait, tout au plus, que ralentir le processus.

Il n’y a aucune institution spécialisée au Maroc et la prise en charge du malade relève de la seule famille. Le service de neuropsychologie de l’hôpital des spécialités de Rabat a, quant à lui, publié un « Guide de l’aidant ». A peine une jeune association du nom de «Maroc Alzheimer» vient-elle de voir le jour, en 2005, créée par des familles et des professionnels de la santé.

«Maroc Alzheimer» est le nom de la toute jeune association créée en 2005 par des familles et des professionnels de la santé. Elle a vu le jour grâce au soutien du service de neurologie A et de neuropsychologie de l’Hôpital des spécialités, à Rabat, et des laboratoires Pfizer. L’association s’est fixé les objectifs suivants :

- Informer les familles des patients atteints de la maladie sur les données scientifiques et médicales la concernant ;

- Informer la population d’une façon générale de la maladie et des moyens de prévention ;

- Organiser des colloques et des réunions scientifiques sur la maladie ;

- Participer à la formation des personnes prenant en charge ces malades ;

- Créer des espaces de parole, de dialogue et des échanges pour les familles ;

- Sensibiliser les pouvoirs publics à la mise en place de structures de diagnostic et de prise en charge des patients

 

CT

Source: adaptation de l'article de JAOUAD MDIDECH, www.lavieeco.com, 14.10.2005