Absentéisme dans l’éducation,

2 millions de journées perdues en 2007

Quelque 500 millions de dirhams [65'346'000 CHF, NDLR]. C’est le budget nécessaire pour la construction de 100 collèges et c’est aussi le coût estimé des deux millions de journées d’absence enregistrées dans les établissements scolaires au cours de l’année 2006-2007.

Cela fait beaucoup d’autant plus que le phénomène qui touche aussi bien l’enseignant que l’élève, a pris des dimensions inquiétantes ces dernières années. A tel point qu’il constitue un véritable blocage pour la réforme du système de l’enseignement dans son ensemble. « Nous ne sommes pas contre les absences justifiées, mais, malheureusement, on constate une utilisation abusive des certificats médicaux par certains enseignants », reconnaît Mohamed Ould Dâada, directeur des ressources humaines au ministère de l’Education nationale.

En fait, le problème est complexe et les responsabilités sont partagées dans un contexte où l’éthique et le devoir professionnel sont devenus une denrée rare. Pour y mettre fin, une expérience pilote a été lancée en mai 2008. Lieux d’expérimentation : trois académies relevant des régions de Rabat, de l’Oriental et de Chaouia-Ouardigha. Une évaluation de cette expérience précédera la mise en place d’un plan d’action dont l’application est prévue à partir d’octobre 2008 au niveau de l’ensemble des académies.

Par cette stratégie, les responsables ambitionnent de réduire l’absentéisme de 50% à la fin de la prochaine année scolaire en attendant de l’éradiquer définitivement d’ici quatre ans [2012, NDLR].

Pour passer à l’action, plusieurs outils sont prévus :

Au niveau de la délégation,

-         décentralisation de la gestion du dossier de l’absentéisme au niveau de la délégation. Dans l’état actuel, le rôle de cette dernière reste limité puisque les décisions de sanction sont prises en général au niveau de l’Administration centrale.

-         cycles de formation au profit du personnel administratif prévus pour mieux maîtriser les procédures administratives concernant l’absentéisme, aussi bien de l’enseignant que celui de l’élève.

-          guide qui définit l’ensemble des mesures à suivre à partir de l’établissement scolaire jusqu’à l’académie en passant par la délégation.

o      cellule pour assurer un suivi rigoureux et quotidien des absences du personnel à l’aide de rapports journaliers et hebdomadaires. Ces documents devront être adressés à la délégation dans des délais fixés à l’avance.

o      liste des absents affichée sur un tableau en précisant la durée et les causes de l’absence. Les enseignants autorisés à exercer dans le secteur privé font également l’objet d’un suivi rigoureux pour ne pas dépasser le nombre d’heures accordées.

o      obligation des enseignants d’être présents dans l’établissement à partir de la date de signature du PV de reprise au début de l’année scolaire. De même, ils ne pourront partir en vacances d’été qu’après avoir paraphé les PV de départ. En cas de non-observation de ces dispositions, ils seront considérés en situation irrégulière.

Au niveau de la délégation et de l’académie,

-         - travail de coordination et de centralisation des données avec un renforcement des contrôles administratifs et pédagogiques ; revoir les procédures réglementant le travail des inspecteur car une grande partie des inspecteurs sont installés dans des villes situées hors région de leur responsabilité, s’agissant du contrôle et d’encadrement pédagogique.

-        -  mesures pour lutter contre l’utilisation abusive des certificats médicaux (actualiser les textes réglementaires, renforcer la coordination avec les services de la Santé publique pour activer la procédure de l’homologation des certificats médicaux).

CT

 

 

Source: adaptation de l'article de Nour Eddine El Aissi, L’Economiste, www.bladi.net, 26.05.2008