Les architectures régionales

 

 

Voici une description des caractères des bâtiments architecturaux perceptibles à partir du milieu extérieur et des critères permettent de les discriminer et d’organiser l'environnement bâti en catégories distinctes selon:

• la morphologie extérieure d’objets architecturaux usuels et les règles les plus courantes d’aménagement des sites non naturels

• les matériaux, les techniques et les systèmes constructifs qui ont un retentissement sur l’aspect des constructions.

Grâce à une présentation d’un plan d’habitation typique, cette description fait référence au système d’organisation des logements pour montrer, dans chaque cas, quelle forme de relation la maison entretient avec le climat local en fonction de l’existence d’un patio, de sa forme, de ses dimensions et du fait qu’il soit ou non couvert.

Comment définir des types architecturaux ? Quels sont les principaux éléments extérieurs qui permettent, lorsque l’on parcourt un territoire, d’organiser les formes bâties en ensembles, de définir des régions, d’établir des frontières ou de juger de l’homogénéité / hétérogénéité d’une zone ? Trois caractères paraissent déterminants : la hauteur des bâtis, la forme de la toiture et la texture des murs, laquelle est liée à la nature du matériau principal.

La hauteur des bâtis:

Un parcours à travers les différents régions du Maroc montre que, d’une zone à l’autre, les bâtis traditionnels se présentent de façon dominante selon des hauteurs déterminées. Trois catégories de hauteur peuvent être rencontrées en fonction du nombre de niveaux, qui déterminent trois types de zones:

• zones à bâtis dominants à rez-de-chaussée

• zones à bâtis dominants à rez-de-chaussée et 1 étage

• zones à bâtis dominants à rez-de-chaussée et 2 étages ou plus.

La forme de la toiture:

Deux types de formes de toitures prédominent. Des toitures plates, ou quasiment plates, généralisées dans de nombreuses régions et des toitures a 2 pentes (parfois à 4), circonscrites à certaines zones.

La texture des murs:

Elle dépend du type de matériau principal utilisé dans la construction. L’enduit superficiel qui recouvre les murs, rarement entretenu, disparaît et laisse la vue directe sur le matériau principal dont la texture devient un caractère important du paysage bâti. Trois types de matériaux-textures ont pu être repérés : la terre, la pierre, la pierre mêlée à la brique cuite par assises successives.

Carte des architectures régionales

Sur la base de ces trois caractères une carte des architectures régionales a été établie sur une grande partie du territoire national (les régions économiques du centre nord, du centre sud, du centre et du sud).

Neuf types architecturaux ont été déterminés sur les 24 combinaisons possibles. Chacun de ces types, par son caractère dominant, délimite une zone architecturale homogène. Certaines régions présentent des territoires continus, d’autres sont constituées de zones éparpillées sur le territoire national.

Sur la carte apparaissent également des zones notées R 10. Elles représentent des régions au sein desquelles des mélanges hétérogènes de types architecturaux coexistent, notamment ceux subissant l’influence urbaine et utilisant de façon conséquente les matériaux modernes (béton, briques, agglomérés).

 

Présentation et localisation des régions architecturales: cliquez sur chaque type pour découvrir les photos et schémas.

- TYPE R 1: Région Saharienne (au sud de l’Anti-Atlas), bande étroite courant le long du Haut-Atlas, bande dans le sud de la région du centre.

- TYPE R 2: Sud du Maroc (région de Ouarzazate, Rachidia, Imilchil).

- TYPE R 3: Anti-Atlas à l’arrière de Taroudant, une frange courant le long du Haut-Atlas, la région du centre.

- TYPE R 4: Hauteurs du Moyen-Atlas, à l’arrière de Khénifra.

- TYPE R 5: Rif Central.

- TYPE R 5a: Pré-rif

- TYPE R 7: Haut-Atlas (l’arrière de Beni-Mellal)

- TYPE R 9: Massif de Zerhoun

La forme de la toiture:

Elle se présente, partout, sous la forme de toiture terrasse, sauf dans des zones (Moyen Atlas, Rif central) où les conditions du climat (pluviométrie supérieure à 1000 mm, importantes chutes de neige), rendent nécessaires des toitures en pente.

Dans ces zones, ce qui vaut pour les logements vaut également pour les écoles (problème de l’entretien, problème du déblaiement de la neige quand son poids, devenant important, pourrait ruiner les toitures terrasses). Il est donc recommandé de doter les constructions scolaires de toitures à 2 ou à 4 pentes, selon le modèle local. Partout ailleurs les toitures terrasses doivent être reproduites.

La composition des façades:

Le style des façades est très différent d’une région à une autre et dépend de la richesse du système décoratif, du degré d’ouverture sur le monde extérieur et, entre autres, du rapport plein / vide.

Deux modes de composition prédominent: des compositions symétriques et des compositions libres.

Des solutions adaptées au contexte doivent être recherchées (façades extérieures relativement fermées, façades intérieures relativement ouvertes).

La forme des ouvertures:

D’une région à l’autre les variations sont importantes. Si certaines ne disposent que de fenêtres de formes carrées ou rectangulaires, d’autres connaissent une grande variété d’arcs. Quel que soit l’endroit, les fenêtres utilisées sont toujours inscrites soit dans un carré, soit, de façon plus courante, dans un rectangle posé verticalement et dont la largeur dépasse rarement 1 mètre. Quant aux arcs, ils sont variés mais dominés par les formes brisées outrepassées.

La dimension et la forme des fenêtres sont liées aux fonctions internes du bâtiment et doivent être appréciées dans le cadre d’un site déterminé (pente, vallée, présence d’arbres à feuillage consistant...) et d’orientations particulières.

Les éléments du décor:

Ils varient beaucoup d’une région à une autre. Dans certaines, la construction est dépourvue de tout ornement alors que dans d’autres, au contraire, les bâtis mettent en évidence une profusion d’éléments décoratifs conjuguant des effets de surface avec des effets de bande, avec des encadrements ou, encore, avec la mise en valeur d’éléments particuliers du bâtiment.

Les décors résultent le plus souvent du gros-oeuvre lui-même. Ils s’expriment également dans la menuiserie et la ferronnerie. Ils ne sont que rarement produits par le revêtement utilisé. Beaucoup d’effets obtenus dans la maçonnerie le sont grâce à l’utilisation de la brique de terre ou de terre cuite.

 

Préparation de parpaings de terre, moulés, puis séchés au soleil.

Les qualités d’isolation de la terre, son faible coût, sa disponibilité immédiate, son entretien facile lui confèrent un rôle éminent dans des pays en développement, là où elle est presque le seul matériau de construction disponible. Mais l’argile seule ne suffit pas; elle doit être mélangée à d’autres matériaux qui limitent son gonflement ou sa rétractation. On utilise alors du gravier et surtout de la paille, ou bien on l’arme de bois ou de roseau pour solidifier et structurer l’ensemble; on l’appelle alors suivant les régions du monde : banco, pisé, ou adobe.

Les murs, soubassements et autres porteurs verticaux:

Quatre systèmes apparaissent dans l’architecture traditionnelle :

• murs porteurs en terre (pisé et adobes)

• murs porteurs en pierre

• murs porteurs en pierre et brique cuite

• murs porteurs en terre et pierre

Dans les constructions mêlant la terre et la pierre, le pisé est utilisé pour l’ensemble des murs, en association avec la pierre dans les appareils d’angle. Dans certaines régions l’utilisation de la pierre et de la brique cuite, par assises alternées, a fait ses preuves. Les constructions édifiées selon ce mode sont très anciennes. Les murs porteurs en pierre ont d’excellentes qualités porteuses, ils constituent une bonne protection contre les éléments du milieu extérieur (froid, chaleur, bruit...), offrent une bonne résistance aux chocs et sont insensibles à l’humidité. Les murs porteurs en terre ont de bonnes qualités porteuses et constituent une excellente protection contre les éléments du milieu extérieur (froid, chaleur, bruit...). Il faut cependant noter une certaine sensibilité à la pluie, à l’humidité et aux chocs.

L’utilisation des murs en terre, qui assure une bonne intégration dans le site naturel (la terre doit être puisée localement), est recommandée partout où la terre reste le matériau principal de la construction.

Les planchers:

Ils utilisent, dans toutes les régions, le bois comme matériau porteur principal :

• pannes faîtières et sablières (toit en pente)

• solives

• lattes en bois ou roseaux

Sur le bois, et en fonction des régions, le corps du plancher est ensuite réalisé en terre, terre et paille ou terre associée à de la chaux. Le plancher traditionnel a des qualités indéniables de protection technique et acoustique. Cependant il est sensible à l’humidité, à l’attaque des insectes et autres parasites et peut présenter à la longue des fléchissements.

Pour plus de photos et vidéos sur l'architecture du Sud marocain, cliquez ci-dessous:

Galerie de photos d'architectures et d'habitats du sud-est du Maroc

Architecture et paysages berbères du sud-est marocain 

CT

   

Sources des informations et des schémas: "L’école et les architectures régionales". Projet 702/MOR/10, Section Architecture pour l’Éducation, Division pour la Reconstruction et le Développement des Systèmes Éducatifs, UNESCO, Paris, juillet 1994. Publié en 2000 par l’ Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture, Paris.

Sources des photos: cliophoto.clionautes.org;www.meknes-net.com; dafina.net; photosaroundtheworld.wordpress.com; www.voyagevirtuel.info; blog.doctissimo.fr; photos.linternaute.com; photoloisirs.over-blog.com; tagdicht-info.skyrock.com; www.amazighworld.org; kasbahaitkassi.ifrance.com.