L'arganier et l'huile d'argan:

l'or vert des Berbères

Une spécificité berbère unique

 

 

L’or vert, l'or des Berbères...

On connaissait l’or jaune, l’or bleu, l’or noir… Il existe également l’or vert, un produit très précieux dont la région du sud-ouest du Maroc a « le monopole ». Il s’agit de l’huile d’argan, produit extrait des noyaux des fruits de l’arganier. Deuxième essence forestière du pays, l’arganier est une véritable providence pour les habitants notamment de l’arrière-pays. Il permet la subsistance de 3 millions de personnes dans la région.  

Un arbre très particulier

L'arganier, Argania spinoza (Linné), appartient à l'ordre des Ebenales et à la famille des Sapotacées. Ses noms vernaculaires sont "L'arbre de fer",  "L'Olivier du Maroc" et "Argân" (en berbère). C'est un épineux qui vit plus longtemps que l'olivier et qui n'exige aucune culture.

L’arganier est un arbre millénaire spécifiquement marocain. Il couvre une superficie de plus de 820'000 hectares, soit 70% de la surface boisée de la région "Sud-Ouest du Maroc", de Safi au Nord, jusqu'à la frange saharienne du Sud. Il pousse dans les zones arides et semi-arides du sud-ouest marocain. Arbre endémique du Sud du pays, on le trouve dans un triangle entre Essaouira, Marrakech et Agadir. Le domaine géographique de l'arganier est donc très limité, quasiment inconnu en dehors du Sud marocain (21 millions d'arbres environ).

Le cercle orange sur la carte délimite la zone de production de l'huile d'Argan.

 

L'arganier est très résistant à la chaleur et peut supporter des températures allant jusqu'à 50°C. Il peut atteindre 8 à 10 m de hauteur.

Son tronc est souvent court, tordu et noueux, permettant aux chèvres de grimper le long de ses branches pour se nourrir des feuilles et des fruits. Ses racines se développent profondément à la recherche de l'eau, aidant à lier le sol et à empêcher l'érosion.

Ses rameaux sont épineux. Ses feuilles sont alternes en forme de spatule ou lancéolées, longues de 2 à 3 cm.

 

Son fruit a la grosseur d'une noix, il est jaune-vert parfois veiné de rouge. Il est formé d'un péricarpe charnu (ou pulpe) qui couvre le noyau très dur (ou noix). La noix d'argan renferme une à trois amandes albuminées et huileuses renfermant jusqu'à 55% d'huile.

 

Un arbre multi-usages

Chaque partie ou production de l'arganier est utilisable et est une source de revenu ou de nourriture pour l'usager.

Usage du bois

Le bois de l'arganier est un bois dur, résistant,  de couleur blanc-jaunâtre. Il constitue un très bon bois combustible. Il est aussi utilisé en menuiserie pour les besoins de la petite industrie familiale (portes, poutres, perches, perchettes, etc...), et pour la fabrication d'objets ménagers et d'instruments agricoles (araires, charrue, serrures, etc...).

Usage du fruit

Le fruit de l'arganier est une baie formée d'une pulpe et d'un noyau dans lequel sont incluses les graines. Ces graines sont généralement soudées et leur nombre variable (de une à plusieurs par noyau). Selon la forme et la dimension, six types de fruits ont été distingués : fusiforme, ovale, ovale apiculée, goutte, arrondie, globuleuse.

La production fruitière varie selon l'âge de l'arbre, la densité du peuplement, le milieu et la pluviométrie. L'ordre de grandeur est de 8kg par arbre par an, soit 128'000tonnes par an pour l'arganeraie marocaine.    

Les dimensions du fruit varie de 17 à 30 mm de long et de 10 à 17mm de large. Sa couleur est verdâtre avant maturation, puis elle évolue vers le jaune ou jaune-brun clair suivant les arbres. La couleur sombre se développe après abscission [processus de décollement amenant la chute des feuilles, NDLR].   

La production des différentes composantes du fruit pour 100kg de fruits mûrs donnent 60 kg de fruits sec dont 30 kg de pulpe sèche et 30 kg de noyaux. Ces 30 kg de noyaux donnent environ 27 kg de coques et 3 kg d'amandons.

 

Le fruit (en particulier sa pulpe) et les feuilles sont utilisées comme fourrage des caprins et camelins [chèvres, moutons, etc., chameaux, dromadaires, NDLR]. En effet, l'arganier est également surnommé "l'arbre à chèvres" car ces dernières raffolent de ses fruits. Elles l'escaladent avec une aisance surprenante, s'accrochent aux branches, s'y installent et dégustent ses fruits. Elles ne mangent en fait que la pulpe et rejettent le noyau qui est ensuite récupéré par les habitants pour faire de l'huile pour leur propre usage.

"MAROC:  L'histoire entre l'arganier et la chèvre"

 

Usage des amandons

Les amandons sont utilisés pour fabriquer l'huile d'argan.

Usage du tourteau [résidus solides obtenus après extraction de l'huile des graines ou des fruits de plantes oléagineuses, NDLR]

Le tourteau est récupéré et transformé pour l'engraissage du bétail.

 

L'histoire de l'arganier

L'arganier daterait de l'ère tertiaire [-65,5 jusqu'à -23,03 millions d'années, NDLR] à l'époque où vraisemblablement il existait une connection entre la côte marocaine et les îles Canaries. Il se serait alors répandu sur une grande partie du Maroc puis, au quaternaire [-2,4 et -1,5 millions d'années, NDLR], l'arganier aurait été refoulé au Sud-Ouest par l'invasion glaciaire, ce qui expliquerait l'existence actuelle de quelques colonies vers Rabat (région de Khémisset ) et très au Nord près de la côte méditérranéenne dans les Beni Snassen.

La forêt d'arganier s'étend aujourd'hui dans des zones arides et semi- arides du Sud-Ouest marocain.

En 1515, Jean Léon l'Africain (El Hassan Ben Mohammed El Wazzani el Zagyati) [diplomate et explorateur musulman d'Afrique du nord du XV-XVIème siècle, NDLR] parle des arbres épineux des Haha qui produisent un fruit appelé "argane" d'où est extraite une huile à très mauvaise odeur servant pour l'alimentation et l'éclairage.

 

 

En 1737, Linné [naturaliste suédois, 1707-1778, NDLR], à partir seulement de rameaux séchés et sans fleur, donne la description spécifique dans son "Hortus clifor tianus" sous le nom de Sideroxylon spinosum L. du genre Rhammus (Sapotacée).

En 1791, Hösst mentionne l'utilisation de l'huile dans les usines, notamment à Marseille, dans la fabrication de savon.

Schousboe, consul danois au Maroc en 1791, publie ses observations sur la flore marocaine et en particulier sur l'arganier en 1801. De nombreux auteurs reprendront ses écrits et complètent sa description de l'arbre.

Hooker [Sir William Jackson Hooker est un botaniste britannique, NDLR], en 1878, décrit par ailleurs le mode d'obtention de l'huile.

En 1888, Cotton [physicien français, NDLR] isole un principe actif à partir du tourteau du fruit de l'arbre, l'identifie comme un mélange de saponines et l'appelle Arganine.

Gentil [officier de marine français, explorateur et administrateur colonial, NDLR]en 1906 délimite l'aire géographique de "L'arbre du Souss ".

Maire, en 1926, publie à la suite de ses missions dans le Souss un premier article sur la végétation du Sud-Ouest marocain, citant deux types d'arganeraies (l'une du littoral atlantique, l'autre des montagnes).

En 1938, Emberger [botaniste français, NDLR] publie "Les chèvres et l'arganier" tandis qu'en 1965, Monnier, ingénieur des Eaux et Forêts montre, déjà que l'exploitation abusive et le défrichement sont les deux principaux dangers qui guettent l'arganier.

 

L’huile d’argan

L' huile d’argan est sans doute l’huile la plus rare du monde. Extraite du fruit de l'arganier, elle est connue depuis des siècles par les Imazighens (Berbères) de l'Atlas pour ses vertus cosmétiques, pharmaceutiques, diététiques et alimentaires. Moyennant un travail admirable, les femmes berbères extraient de leur amandon la très précieuse huile d’argan.

 

La fabrication de l'huile d'argan

1 hectare d'arganiers peut produire 800 kg de noix mûres qui fournissent 40 kg d'amandons. Ces 40 kg d'amandons permettent d'extraire 18 litres d'huile d'argan.

L'huile d'argan est préparée artisanalement dans tous les foyers et exclusivement par les femmes. La production d'un litre d'Argan demande environ une dizaine d'heures de travail. Elle reste encore aujourd'hui une denrée rare et difficile à se procurer car elle est obtenue selon un procédé artisanal long et fastidieux. Autrefois, l'huile était uniquement fabriquée à la maison par des femmes isolées; elle est aujourd'hui de plus en plus issue de coopératives. Ces regroupements sont encouragés par les associations pour le développement durable. Leur démarche a pour objectif de créer des emplois stables mais aussi de permettre également grâce à une meilleure gestion des ressources la préservation de l'arganier menacé par une utilisation abusive. Les femmes travaillant dans les coopératives fabriquent toute l'année l'huile commandée par les commerçants de la région.

Les étapes et transformations de sa fabrication

Récolte

Traditionnellement, les fruits sont consommés par le bétail; après digestion du péricarpe (pulpe), les noyaux sont récupérés. Mais actuellement, les baies sont cueillies à la perche. Les fruits de l'arganier, encore sous la forme de petites poires vertes, sont récoltés en juillet-août.

Séchage

Ils sont ensuite séchés au soleil pour faciliter le dépulpage (séparation de la pulpe et du noyau par écrasement).

Le procédé traditionnel d'extraction de l'huile d'argan comprend 6 étapes après la récolte et le séchage:

Dépulpage des fruits à la main et concassage manuel des noix

Deux manières existent pour le dépulpage:

- soit il est fait par les femmes par un léger écrasement du fruit entier contre une pierre qui sert comme support: Les fruits mûrs (petites noix brunes) sont en effet écrasés manuellement à l'aide d'un galet de la taille d'un poing de manière à séparer la pulpe séchée des noyaux.

- soit ce sont les caprins qui participent au dépulpage en mangeant la pulpe et rejetant après la noix.

 

Concassage manuel

 

 

Femmes berbères organisées en coopératives ou travaillant à la maison

Le concassage est une phase longue et délicate car il faut veiller à ne pas effriter l'amande. Il est réalisé entre deux pierres, l'une servant de  support, l'autre de marteau. Les noyaux sont ensuite brisés en deux afin de retirer les amandons.

Torréfaction à feu doux

Les amandons sont alors torréfiés à feu doux dans des plats en terre; de temps à autre, les amandons sont remués pour qu'ils prennent une teinte brune. D'après les femmes, le but de cette opération est le développement de la couleur, l'odeur et le goût de l'huile à extraire. Si on augmente le feu, la couleur de l'huile devient plus brune. En effet, cette opération qui consiste à évaporer de l'eau entraîne la destruction des saponines et autres substances non lipidiques retenant l'huile en émulsion dans le suc cellulaire tout en desséchant les amandons pour leur donner un goût de noisette.

Les amandons sont moulus, broyés à l'aide d'un moulin traditionnel (meule spéciale en pierre analogue à la meule à grains), ce qui permet d'obtenir une pâte.

 

Malaxage et pressage à la meule

La pâte ainsi obtenue est malaxée, additionnée d'eau tiède. Cette opération conditionne la qualité de l'huile. Ainsi, une augmentation prononcée de l'eau sera à l'origine de la diminution de la qualité de l'huile. Cette pâte est ensuite pressée pour en extraire l'huile d'argan au doux parfum de noisette.

L’huile obtenue est abandonnée au repos; elle devient alors lipide et sa couleur est brunâtre; décantée, elle se clarifie considérablement en abandonnant un résidu foncé, appelé "tourteau". Le tourteau qui contient encore une petite quantité d’huile sert d’aliment pour le bétail.

 

 

Produite depuis des générations par les femmes berbères qui l'utilisaient pour leurs besoins alimentaires et cosmétiques, cette huile aux qualités diététiques reconnues trouve sa place progressivement dans la cuisine occidentale.

La défaillance du procédé traditionnel d'extraction se manifeste par des pertes, telle qu'une perte économique car 20 à 25% d'huile reste dans le tourteau. Le procédé ne contient aucun traitement de raffinage; par conséquent, l'huile produite se conserve mal d'où le risque d'intoxication. De plus, la tâche du processus d'extraction est particulièrement pénible.

C'est pour ces raisons que certaines coopératives ont été créées afin de remédier aux défaillances du procédé traditionnel mais également de mieux valoriser les produits dérivés de l'arganeraie, en particulier l'huile.

Procédé d'extraction de l'huile dans une coopérative

De nos jours, l'extraction semi-industrielle de l'huile d'argan s'est également développée. Les caractéristiques physico-chimiques de l’huile d'argan artisanale (produit coloré, ardeur forte, conservation délicate) constituent un obstacle majeur à tout usage dans le domaine cosmetologique. Le procédé d’extraction semi-industriel breveté en 1985 pallie ces inconvénients en permettant d’obtenir une huile compatible avec les différents composants d’une préparation à usage cosmétique.

Après écrasement des amandes à l’aide de presses mécaniques, l’extraction est faite avec un solvant organique. Cependant, ce procédé ne peut pas être utilisé pour extraire l’huile à des fins culinaires car elle serait dépourvue de goût et d’arôme et par conséquent ne serait pas appréciée par la population.

Le procédé d'extraction d'huile industrielle pratiqué dans certaines coopératives se déroule en 9 étapes: en effet, après le pressage et l'extraction de l'huile interviennent deux stades supplémentaires, à savoir la décantation (pendant 15 jours) et la filtration, avant la mise en bouteille finale. Les autres étapes s'effectuent désormais mécaniquement.

Dépulpage à la dépulpeuse mécanique

 

Torréfaction par un torréfacteur mécanique pendant 10 mn

Pressage par une presse à huile

 

Filtration

 

Les propriétés de l'huile d'argan

Ses propriétés intrinsèques en font un véritable «aliment-médicament». Huile «culturelle», elle est reconnue et consommée pour ses propriétés dans divers domaines de la santé, véritable élixir de longue vie.

L'huile d'argan alimentaire est produite à partir d'amandons légèrement torréfiés avant d'être pressés. Au contraire, les amandons destinés à l'huile cosmétique ne sont pas torréfiés, ce qui permet de ne pas dégrader par la chaleur les excellentes caractéristiques de cette huile. La torréfaction conduit à une huile plus odorante que l'huile cosmétique, non torréfiée.

L’huile d’argan est utilisée à des fins thérapeutiques, culinaires, cosmétiques depuis des siècles.

Les vertus alimentaires

Recommandée par les diététiciens, cette huile riche en acides gras essentiels peut être utilisée pour exalter la saveur des salades ou servir à la préparation de plats chauds comme le tagine de mouton.

Sa finesse de texture et son goût de noisette si raffiné en font une des huiles les plus prisées pour aromatiser aussi les soupes et le couscous ou relever des plats d’œufs. L’huile d’argan peut accompagner la confection de nombreuses recettes.

Le mélange huile d’argan-amandes-miel, connu sous le nom d’Amlou, accompagne délicieusement et sainement le pain du petit déjeuner.

Les vertus diététiques

De type oléique-linoléique [oléique signifie « huile » en latin, linoléique décrit un acide gras, NDLR], l’huile d’argan renferme 80 % d’acides gras insaturés comme l’huile d’olive. Elle possède néanmoins une nette primauté sur celle-ci à cause de sa richesse en acides gras essentiels. Ces acides gras confèrent à l’huile d’argan des valeurs nutritionnelles et diététiques certaines et justifieraient son emploi pour les maladies cardio-vasculaires ainsi que le dessèchement et le vieillissement physiologique de la peau.

Sa teneur en acide oléique rend cette huile particulièrement intéressante dans la régulation du cholestérol.

Les vertus cosmétiques

L'huile d'argan est utilisée depuis toujours par les femmes du Sud marocain pour leurs soins corporels et capillaires à cause de sa haute teneur en vitamine E:

- redynamise et hydrate la peau,

- agit contre le dessèchement de la peau et le vieillissement cutané précoce dû aux agressions externes (soleil, intempéries, stress, tabac...),

- en soin de nuit, régénère la peau durant le sommeil,

- fortifie les cheveux,

- nourrit et revitalise le cuir chevelu,

- apporte brillance, douceur naturelle et soyeuse aux cheveux

 

Les vertus pharmaceutiques

En médecine traditionnelle dans la pharmacopée marocaine, on la recommande contre l'acné, les gerçures, les brûlures ainsi que le traitement de la varicelle et des rhumatismes car elle présente des propriétés hypocholestérolémiantes et est conseillée chez des patients présentant des risques d’athéroscléroses. Elle est aussi idéale pour les massages.

"Maroc : nouvel eldorado ? L'argan aux mille vertus"

Ce produit aux mille vertus favorise par exemple le bien-être par les massages. Exemple aux Bains d’Ovronnaz, dans les Alpes helvétiques, avec Jean-Jacques Descamps.

L’arganeraie, réserve mondiale au Maroc

L'arganeraie a été reconnue par l'UNESCO comme réserve de Biosphère en 1999 et l'arganier comme patrimoine mondial. En effet, cette ressource constitue une réserve mondiale au Maroc où l’arganier joue un rôle socio-économique et environnemental très important.

L’arganeraie offre non seulement le pâturage, l'huile alimentaire et le bois de chauffage, mais elle assure aussi la subsistance de quelques trois millions de ruraux. Elle permet ainsi de stabiliser les populations des campagnes et donc de limiter le phénomène de l'exode rural (20 millions de journées de travail par an).

L'arganier a été considéré pendant longtemps comme un produit social ou plutôt familial, soit par la production fruitière source d'extraction de l'huile d'argan, destinée à l'alimentation des populations rurales du secteur de l'arganier, soit par sa production feuillère, consommée par des dizaines de milliers de chèvres.

L'arganier joue un rôle irremplaçable dans l'équilibre écologique. Grâce à son système racinaire puissant, il maintient les sols, entretient leur fertilité et les protège contre l'érosion hydrique et éolienne qui menace de désertification une bonne partie du Maroc.

 Un arbre aujourd’hui menacé

Le nombre d’arganeraies [plantations d’arganiers, NDLR] est en forte régression tant en surface qu’en densité. Près de la moitié de la superficie de la forêt a disparu et on compte six cents hectares de perte chaque année. Cette extinction est essentiellement due à un déséquilibre écologique d'origine humaine.

En montagne, on assiste à un surpâturage et une surexploitation du bois, en plaine, l'arganier est défriché car il gêne l'intensification de l'agriculture. A l’origine de cette situation, le remplacement de zones plantées d’arganiers par des cultures intensives telles que la tomate et les agrumes.

Les conséquences en sont l’érosion du sol, la désertification ainsi que la baisse de la nappe phréatique. L'équilibre écologique et socio-économique de toute la région que l’arganier couvre est menacée.

La sauvegarde de l’arganier

Les coopératives féminines associent savoir-faire ancestral et technique d’extraction moderne pour produire des huiles culinaires et cosmétiques de très haute qualité. Ainsi, en vendant leurs produits, les femmes s’assurent un revenu qui leur permet de vivre dignement et contribuent à la préservation de l’arganeraie aujourd’hui menacée par la désertification.

«Avant, je ne possédais pas un sou. Je devais demander de l'argent à mon mari ou à mes enfants qui de toute façon me disaient toujours qu'ils n'en avaient pas», explique Fadma. «Je peux maintenant aller chez le médecin quand j'en ai besoin et acheter ce qu'il me faut avec mon argent», enchaîne Fatima. À l'instar d'une cinquantaine d'autres femmes, Fadma et Fatima ont acquis une relative indépendance financière depuis qu'elles travaillent à la coopérative Ajddigue («fleur», en amazigh) créée en 1997 au milieu de l'arganerie de Tidzi, à 23 km d'Essaouira en direction d'Agadir.

Plusieurs colloques et séminaires ont déjà été organisés pour sensibiliser la population à cet état des lieux :

- Colloque International sur les Ressources Végétales : "L'Arganier et les plantes des zones arides et semi-arides" (Agadir, Avril 1998).

- Colloque International "La Forêt face à la désertification: cas des arganeraies" (Agadir, Octobre 1995)

- «Journées d'étude sur l'arganier» (Essaouira, Septembre 1995).

- «Colloque international sur l'arganier» (Agadir, Mars 1991).

Plusieurs initiatives, issues de la collaboration internationale, ont vu le jour pour préserver et développer l'arganeraie et enrayer les conséquences alarmantes de sa régression :

- «Etude pilote agro-sylvo-pastorale dans une commune d'Essaouira» financée par la Banque Africaine du Développement.

- «Conservation et développement de l'arganier» par la coopération maroco-allemande.

- «Aménagement de l'espace de l'arganeraie à l'aide d'un système d'information géographique» financé par la Belgique.

- «Projet de Recherche et Développement: mise au point d'un ensemble technologique pour la valorisation durable des produits de l'arganier par les groupements de femmes de l'arganeraie» financé par le Centre de recherches pour le développement international d’Ottawa au Canada.

- «Coopératives de production et de commercialisation de l'huile d'argan» en partenariat avec plusieurs bailleurs de Fonds, ONG et institution Marocaines.

Le Programme de recherche "Pour la sauvegarde de l'arganier"

Ce programme, soutenu par des partenaires nationaux et internationaux, a permis d’effectuer des travaux de recherche-développement qui ont conduit à valoriser l’huile d’argan par la mise au point d’une technologie d’extraction innovante. Ces travaux ont notamment permis d’améliorer la technologie de production de l’huile, de confirmer certains usages en médecine traditionnelle, d’accroître la durée de conservation de l’huile, d’améliorer son conditionnement, de contribuer à l’établissement d’une norme marocaine sur l’huile d’argan, de mettre au point une méthode de détection de fraude et d’identifier de nouvelles molécules chimiques qui vont être valorisées en cosmétologie.

Pour en savoir plus sur la protection de l'arganier, consultez la thèse de Nada Radi, "L'arganier: arbre du sud-ouest marocain, en péril, à protéger", cliquez ici.

 

"Tout savoir sur l'huile d'argan"

 

CT

Sources des photos et des informations:

www.targanine.com; claycarau.wordpress.com; pagesperso-orange.fr; /www.huile-argan-maroc.com/; www.manon.org; www.bizoum.com; www.casafree.com; www.fao.org; global-lab.org; www.wildwoodgroves.com/trees.htm; www.berbersources.com/1-arganoil.htm; naturendanger.canalblog.com; www.saudiaramcoworld.com; www.capessaouira.com; maroc.superayman.net; photos.igougo.com; www.arganoilmorocco.com; argan-huile.blogspot.com; www.memoireonline.com; fr.wikipedia.org; www.isaveurs.com; www.amergou.com; www.hippocratus.com; www.argan-maroc.com.; users.casanet.net.ma