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Le chômage des jeunes au Maroc |
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| Au Maroc, des milliers de jeunes diplômés ne trouvent pas à s’employer. Depuis des années, ils protestent. En vain jusqu’à maintenant.
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En juin 1998, à la fin de l’année universitaire, quelque 4’000 diplômés du troisième cycle et 18’000 licenciés sont entrés sur le marché marocain du travail. Nombre d’entre eux risquent de rejoindre les 200’000 diplômés de l’enseignement supérieur qui sont déjà à la recherche d’un emploi et donnent du fil à retordre à tous les gouvernements qui se sont succédés à Rabat depuis le début des années 90. Le problème des diplômés chômeurs remonte en effet aux années 80. Le programme d’ajustement structurel mis au point à l’époque sous la houlette des institutions financières internationales a imposé une sévère cure d’amaigrissement à l’Etat. Résultat: alors que l’administration créait 28’000 emplois par an au début des années 80, elle n’en crée plus que 12’000 chaque année depuis plus d’une décennie. Quant au secteur privé, qui emploie 90% des actifs marocains, il ne crée guère plus de 100’000 à 200’000 emplois par an, tous niveaux confondus, alors que le chômage frappe déjà 18% de la population active , selon les chiffres officiels. Dès 1990, les laissés-pour-compte de la rigueur budgétaire commencent à s’organiser. En 1991, ils décident de faire pression sur les autorités en créant l’Association des diplômés chômeurs qui compte aujourd’hui 120 sections à travers le pays. Ces chômeurs-là sachant mieux se faire entendre que les autres, la réaction ne se fait pas attendre. Le diagnostic de la situation effectué par le CNJA (Conseil national de la jeunesse et de l’avenir) aboutit en 1993 à une première loi: pour encourager l’insertion des jeunes diplômés, l’Etat exonère de charges les entreprises acceptant de les employer dans le cadre de stages de formation-insertion en leur versant un modeste salaire allant de 1’600 à 2’600 dirhams (166 à 270$). En 1994, un fonds pour la promotion de l’emploi est institué qui permet aux jeunes diplômés souhaitant créer leur propre entreprise de bénéficier d’un prêt. Ces mesures n’ayant pas donné de résultats, un programme «emploi-formation-jeunes» dont le but est de placer 20’000 jeunes diplômés chaque année dans les entreprises est mis en place en octobre 1997. Celles qui acceptent d’embaucher bénéficient non seulement des avantages octroyés par les lois de 1993 et 1994, mais se voient également rembourser la moitié du salaire versé aux nouvelles recrues. En outre, 10 «centres d’information et d’orientation pour l’emploi» (Ciope) ont été ouverts pour servir de lieux d’intermédiation entre employeurs et candidats, et leur nombre sera bientôt porté à 20. Pourtant, en 1997, ils n’ont guère été à l’origine de plus d’un millier d’embauches. Aucune de ces mesures n’a été vraiment concluante. Est-ce parce que les chômeurs sont en majorité des licenciés en lettres et en droit qui forment 60% à 70% des effectifs de l’association, alors que les scientifiques n’en représentent que 20%? En tout cas, les diplômés chômeurs se sont remobilisés dès le nouveau gouvernement formé, en mai dernier. Ayant annoncé, lors de sa première prestation télévisée, que la priorité de la nouvelle équipe allait à la lutte contre le chômage et que son seul département allait créer 187 postes, le porte-parole du gouvernement et ministre de l’emploi a eu la surprise de voir aussitôt les diplômés chômeurs organiser un sit-in devant le siège de son ministère. Depuis, ils assiègent tantôt le ministère des finances, tantôt celui de l’emploi, tandis que les ingénieurs agronomes au chômage préfèrent s’installer devant celui de l’agriculture. Les grilles du Parlement ont également eu leurs faveurs pendant que les députés y discutaient de la loi de finances de 1999. En fait, le gouvernement mise surtout sur la relance pour régler, au moins partiellement, le problème .Chaque point supplémentaire de croissance permettant de créer 20’000 emplois, les diplômés peuvent garder quelque espoir.
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| Source du texte: Article « Profession: chômeur », Le Courrier Unesco, septembre 2008, N°9, par Bahia Amrani. |