L'éducation au Maroc

Observations et actions de l'Unicef

 

Faits et chiffres

En l’absence d’une véritable politique publique de l’enseignement préscolaire, la quasi-totalité des 39'000 établissements existants sont privés, donc payants et le plus souvent situés en ville. Dans les zones rurales, le taux de préscolarisation des enfants ne dépasse pas 35%, alors que la moyenne nationale s’élève à 60% (44% pour les filles). D'autre part, malgré la création récente de Centre de ressources du préscolaire dans toutes les académies du Maroc, le pays manque encore d'éducateurs et d'éducatrices formés à une pédagogie adaptée aux besoins des tout-petits.

Introduction

Au cours de la dernière décennie, le secteur de l’éducation nationale a enregistré d’importants progrès. La Charte nationale d’éducation et de formation lancée en 2000 vise à consolider et accélérer ces avancées en se donnant comme objectifs spécifiques la généralisation de l’éducation, la qualité pédagogique et la restructuration des cycles d’enseignement.

En 2009, tous les enfants marocains, filles et garçons, habitants du milieu rural et du milieu urbain, devraient avoir accès à une éducation de qualité. Des améliorations notoires ont d’ores et déjà été enregistrées mais des retards conséquents dans la mise en œuvre de la Charte l’ont également été. La généralisation de l’éducation n’est pas encore accomplie, la déperdition scolaire se maintient à des niveaux très élevés et la qualité de l’éducation reste sujette à de nombreuses critiques.

Depuis 2005, les Départements de l’Education, formelle et non formelle, concentrent leurs efforts et leurs ressources sur la qualité de l’éducation comme stratégie de lutte contre l’abandon scolaire (qui atteint un taux annuel inquiétant de 6,3% dans le cycle primaire). L’Initiative nationale pour le développement humain (INDH), chantier initié en 2005, cible les plus démunis et montre la voie de l’équité.

Pour en savoir plus sur l'abandon scolaire, cliquez sur les différents autres articles de cette rubrique:

Ø La lutte contre l'abandon scolaire

Ø Problématique de la non scolarisation

Ø  Problématique de la déperdition scolaire

Etat des lieux

Le secteur de l’éducation nationale a enregistré d’importants progrès dans certains domaines. Au cours des 10 dernières années par exemple, le taux net de scolarisation dans le primaire a augmenté de 30% et l’écart filles/garçons a été réduit de 14 à 5 points.

Lancée en 2000, la Charte nationale d’éducation et de formation (CNEF) est le quatrième projet de réforme de l’éducation depuis l’indépendance. Elle vise, entre 2000 et 2009, la généralisation de l’éducation, la qualité du contenu pédagogique et la restructuration des cycles d’enseignement.

Depuis 2000, des progrès ont été enregistrés en matière de généralisation de l’éducation primaire mais des retards importants sur le calendrier de mise en œuvre de la réforme ont été accumulés dans certains secteurs.

La Charte a notamment prévu la généralisation de l’éducation préscolaire en 2004. Or, le taux net de préscolarisation ne dépassait pas 50,1% en 2003-2004. De plus, il est assorti de profondes inégalités au niveau géographique (le taux varie de 28% à 70% selon les régions), socioéconomique et du genre. En 2003-2004, il atteignait 50,1% en moyenne nationale (39,4% pour les filles) mais seulement 35,7% en milieu rural (17,5% pour les filles rurales).

Au primaire, le taux de scolarisation des enfants de 6 à 11 ans a atteint à 92,7% en 2005-2006 au niveau national, contre 68,6% en 1997/98. Environ 46% des effectifs étaient des filles.

Au collège, le taux de scolarisation des 12-14 ans est passé de 58% en 1999-2000 à 68,8% en 2003-2004.

Au lycée, le taux de scolarisation des 15-17 ans est passé de 35,4% en 1999-2000 à 42,8% en 2003-2004.

Le taux d’analphabétisme de la population reste très élevé : 43% au niveau national, et 60,5% dans le monde rural. Aussi, 39,5% des jeunes filles de 15 à 24 ans sont-elles analphabètes; près de 60% d’entre elles vivent en zones rurales.

L’efficacité interne du système est faible: 4 enfants sur 10 ne terminent pas leur cycle primaire et l’évaluation des acquis scolaires ne montrent pas d’amélioration depuis 2000. La déperdition scolaire est d’autant plus préoccupante qu’elle se poursuit tout au long du parcours des enfants. A terme, seulement deux enfants sur 10 atteignent le niveau du baccalauréat. Le pourcentage de jeunes accédant à l’enseignement supérieur stagne à 11% depuis 1999. Globalement, l’école ne prépare pas suffisamment les jeunes à réussir leur insertion sociale et professionnelle.

Le programme Education de qualité

Le programme Education de qualité mis en œuvre dans le cadre de la coopération Maroc-UNICEF (2007-2011) capitalise fortement sur les réalisations du cycle précédent (2002-2006), qui a couvert les régions de Tanger-Tétouan, Marrakech-Tensift-Al Haouz, Souss-Massa-Drâa et Taza-Al Hoceima-Taounate.

En effet, des performances remarquables ont été enregistrées durant cette période. Par exemple, le taux d’abandon scolaire a chuté dans la délégation de Chichaoua, passant de 8,08% pour les filles et 6,45% pour les garçons en 2005 à respectivement 1,60% et 0,85% en 2006.

Un autre succès a été remporté dans l’Académie régionale de Marrakech: sur les 158 écoles engagées dans le processus de type Grille école de qualité, 84 ont connu une diminution notoire du taux d’abandon. D’autres délégations ont aussi enregistré un recul de la déperdition scolaire.

Dans la délégation de Tanger-Asilah, le taux d’abandon scolaire des filles est passé de 5,1% en 2002-2003 à 0,9% en 2006 et dans celle de Chefchaouen de 6,06% à 4,4%.

ACTION

Le programme Education de qualité se focalise sur la qualité de l’éducation de base et comporte deux projets: Education de qualité et Compétences psychosociales (habiletés de vie).

Il cible dans un premier temps les poches de pauvreté identifiées par l’INDH dans quatre régions: Souss-Massa-Drâa, Marrakech-Tensift-Al Haouz, Grand Casablanca, Rabat-Salé-Zemmour-Zaer.

Le programme s’étendra ensuite, par parrainage, aux poches de pauvreté des régions voisines.

● Le projet Education de qualité:  Le premier volet de ce projet poursuivra la diffusion des acquis au primaire. Le deuxième volet du projet Education de qualité est l'extension aux autres types d'établissements d'enseignement du processus de la Grille école de qualité, jusqu’ici mis en œuvre dans le seul cycle primaire. Le troisième volet de ce projet est la mise en place de normes de qualité pour tous les niveaux du système éducatif.

● Le projet Compétences psychosociales comprend deux volets: Le premier consiste à assurer la certification des acquis pour combler le fossé qui existe entre les systèmes d'enseignement (formel et non formel) et la formation professionnelle. En effet, les enfants qui sortent du système non formel ne peuvent pas accéder à la formation professionnelle, faute de certification de leurs acquis. Il en est de même pour les enfants qui sortent du système formel sans avoir terminé le cycle collégial. Des centres de pré-qualification ont récemment été ouverts mais demandent à être structurés et étendus. Le deuxième volet du projet contribue au développement des capacités des adolescents à concevoir un projet personnel adapté à leur potentiel et à leur environnement. Il appuie notamment les jeunes sortants du système éducatif afin qu’ils puissent réussir un entretien d’embauche et les jeunes filles rurales pensionnaires d’une Dar Taliba qui souhaitent négocier leurs choix de vie avec leur entourage.

RESULTATS ATTENDUS

Le résultat majeur recherché est l'augmentation du taux de scolarisation des enfants de 6 à 15 ans de 81% en 2005-2006 à 86% en 2010-2011. L'indicateur général qui permettra d'évaluer l'impact du programme sera le taux net de scolarisation des filles de 6 à 15 ans. Les projets et les activités concernent les filles et les garçons mais les filles étant discriminées, c'est le résultat mesurable à leur niveau qui servira de repère de vigilance.

Le second grand résultat escompté est le renforcement des compétences psychosociales des adolescents. Le programme renforcera le partenariat existant avec les agences multilatérales et bilatérales, les ONG et le secteur privé. La collaboration avec les agences des Nations unies sera renforcée dans le cadre des Objectifs du Millénaire pour le développement en faisant jouer les complémentarités et les synergies.

Cliquez ici pour en savoir plus sur l'Objectif du Millénaire 2: "Assurer l'éducation primaire pour tous".

CT

  Source du texte: www.unicef.org/morocco