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Enquête nationale sur l'analphabétisme, la non scolarisation et la déscolarisation au Maroc (décembre 2006) |
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Réalisée par le Secrétariat d'Etat auprès du Ministère de l'Education Nationale, de l'Enseignement Supérieur, de la Formation des Cadres et de la Recherche Scientifique, Chargé de l'Alphabétisation et de l'Education Non Formelle.
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La non scolarisation de cette tranche d'âge est nettement plus forte en milieu rural. Elle touche également plus les filles.
La déscolarisation de cette tranche d'âge, bien qu'elle soit inférieure à la non scolarisation, touche à nouveau très nettement le milieu rural et les filles.
Sur l'ensemble du pays, on constate un taux de non scolarisation encore important (15%) suivi de taux de déscolarisation non négligeable également (presque 9%). 6% d'enfants ne sont jamais aller à l'école ! Les taux les plus élevés de non scolarisation concernent les régions de Doukala Abda et Marrakech Tensift Al Haouz avec plus de 20% puis Souss Massa Draa, Gharb Chrarda Bni Hssen, Chaouia Ourdigha et Tadia Azizal avec plus de 15%. Ces zones correspondent à des régions du Centre et du Sud du Maroc. Pour la déscolarisation, les régions les plus touchées sont à nouveau Marrakech Tensift Al Haouz, Doukala Abda et Souss Massa Draa avec plus de 10%. C'est dans la région de Doukala Abda que plus de 10% d'enfants n'ont jamais été scolarisés! Les autres régions se caractérisant par un taux important sont les mêmes que celles concernées par la non scolarisation (Marrakech Tensift Al Haouz, Souss Massa Draa, Gharb Chrarda Bni Hssen, Chaouia Ourdigha et Tadia Azizal).
Carte tirée de www.tlfq.ulaval.ca
Les raisons de non scolarisation les plus importantes en milieu urbain sont, dans l'ordre: l'échec scolaire/le renvoi de l'école et le travail (plus de 20%), le coût élevé des frais scolaires et la santé (plus de 10%).
Les raisons de non scolarisation les plus importantes en milieu rural sont, dans l'ordre: l'éloignement de l'école et le coût élevé des frais scolaires (plus de 20%), le travail et l'échec scolaire/le renvoi de l'école (plus de 10%). On constate donc des raisons différentes selon le lieu de vie des familles. Le problème principal pour les enfants en milieu rural est de ne pas avoir d'école à proximité et d'être issus de familles pour lesquelles les frais engendrés par l'école sont trop lourds à assumer.
Les raisons de déscolarisation des élèves qui quittent l'école en milieu urbain les plus importantes sont, dans l'ordre: l'échec scolaire/le renvoi de l'école (plus de 30%) et le travail (plus de 20%). Ainsi comme cela a déjà été abordé dans les rubriques "Le travail des enfants au Maroc", "La non scolarisation au Maroc" et "La déperdition scolaire", on constate que le gain apporté par la mise au travail des enfants est important dans les villes. D'autre part, la qualité pédagogique de l'école a également été mis en cause, ce qui se reflète dans les chiffres liés à l'échec scolaire et au renvoi de l'école.
Les raisons de déscolarisation des élèves qui quittent l'école en milieu rural les plus importantes sont, dans l'ordre: l'éloignement de l'école (plus de 20%), le coût élevé des frais liés à la scolarité, l'échec scolaire/le renvoi de l'école et le travail (plus de 15%).
Le taux de non scolarisation est plus important en milieu rural comme cela l'a déjà été démontré sur les graphiques précédents; on remarque également que ce taux est plus conséquent lorsque le père est analphabète (près de 10% d'écart).
On constate que l'écart se creuse de manière très significative lorsque c'est la mère qui est analphabète (presque 20% d'écart), ce qui démontre que lorsque la mère n'a elle-même pas été scolarisée, un quart des enfants ne le sont pas non plus.
Dans le cas de la déscolarisation, les facteurs "milieu rural" et "père analphabète" jouent encore un rôle mais moindre en comparaison au phénomène de non scolarisation.
Il en va de même lorsque la mère est analphabète. Néanmoins, dans le cas de la déscolarisation, il n'y a pas de différence significative entre l'alphabétisation du père ou de la mère.
A partir de l'âge de 10 ans, il existe encore au Maroc presque 40% d'analphabétisme dans la population. En milieu rural, le taux double par rapport au milieu urbain. Le nombre de filles/femmes touchées est également plus important que celui des garçons/hommes.
En prenant en compte la population de plus de 15 ans, les chiffres augmentent encore. Plus de 40% de la population est analphabète. Le milieu rural atteint un score doublement plus élevé que le milieu urbain tout en augmentant de 10%. Le taux de femmes et d'hommes augmentent également tout en maintenant le même écart entre eux.
Les taux les plus élevés d'analphabétisme chez les plus de 15 ans concernent les régions de Taza Al Hoceima Taounate, Tadia Azilal et Souss Massa Draa avec plus de 50% de la population (une région du Nord et une région du Sud du Maroc). Elles sont suivies de Doukala Abda, Marrakech Tensift Al Haouz, Oriental, Chaouia Ourdigha et Meknès Tafilalet avec plus de 45%.
On constate que, quel que soit le groupe d'age, les femmes sont à chaque fois plus touchées que les hommes par l'analphabétisme. L'écart se creuse toujours plus à chaque décennie (seulement 3,6% de différence entre 10-19 ans mais 25,5 % dès 60 ans et plus).
On constate un nombre plus important d'inactifs analphabètes (47,9% contre 36,6%). Néanmoins, chez les hommes, la tendance s'inverse légèrement: il y a un peu plus d'actifs analphabètes que d'inactifs. En revanche, pour les femmes, l'écart se creuse de manière très significative (presque 20% de femmes analphabètes en plus sont inactives).
Les actifs analphabètes sont clairement beaucoup plus nombreux dans le domaine de l'agriculture (ce qui reflète les résultats précédents sur le milieu rural). Pour toutes les autres branches d'activités, les scores sont proches, excepté l'administration publique qui possède le taux le plus faible mais quand même bien présent (22,7%).
Source des illustrations: Les graphiques sont issus de la brochure "Enquête nationale sur l'analphabétisme, la non scolarisation et la déscolarisation au Maroc" (décembre 2006). Source des textes: Les commentaires sont de TIWIZI. Cliquez sur les liens suivants pour plus d'informations sur la non scolarisation et la déscolarisation ou plus généralement sur la rubrique "Education, scolarisation et santé au Maroc".
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