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Musique et chanteurs berbères |
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La chanson amazighe moderne, telle que nous la connaissons aujourd'hui, a pris naissance au milieu des années 1970 portée par des chanteurs et artistes qui ont voulu donner un support moderne à un aspect de la culture berbère. Par ses textes, elle s'inscrit dans la tradition poétique des aèdes (poètes) berbères d'antan pour qui la parole est fondatrice. L'aède ou l'amedyaz était au centre de la société dont il traitait les problèmes et en rappelait les valeurs essentielles d'égalité, de liberté, d'honneur et de respect qui conditionnent son existence et assurent sa pérennité. Sans ces valeurs, il n'y a point de société berbère. Ces aèdes étaient respectés et écoutés dans les différentes cérémonies qui se déroulaient la plupart du temps sur la place du village ou l'agora. Faire de la poésie se dit en berbère "forger la parole" ("ibbey awal") et leurs paroles sont souvent reprises comme des maximes; elles concrétisent la sagesse qu'on rappelle par "inna ccix flan" ("le sage untel a dit"). Cette sagesse, conjuguée à l'art de forger la parole, faisait de certains aèdes des Imusnawen (savants), tels que l'étaient les philosophes dans les sociétés antiques. MT
Musique berbère traditionnelle
Il est des occasions non moindres où les imedyazen se lançaient entre eux dans des échanges de joutes poétiques qui pouvaient durer des nuits entières au cours d'une fête de mariage ou d'une cérémonie de cueillette. La chanson moderne, quant à elle, vient en rupture avec la tradition au niveau des instruments de musique mais aussi avec les nouvelles formes poétiques appelées "asefru" (le poème moderne) tout en travaillant sur les rythmes authentiques et les mélodies du terroir bien souvent revisités. Cette chanson a en plus le mérite de porter à l'universel la culture berbère et de la faire connaître. Elle fait de la défense de l'identité berbère millénaire en danger sa thématique quasi principale. MT |