Tghuyyit

("Le cri" en français)

Traduction ci-après.

Rxezrat tegga afriwen ghar ujenna yuyem-d usqinfed zi radjagh n wanuten n wul-nnes iffegh-d usqinfed-nni d iâerbab n tghuyyitin.

  Zegga tugha isenned ad issummet irajan-nnes yufa tudart am tghennantt tarezz’em-d ghar-s aqemmum am yifis iffuden tisessi.

  Ighuyyan, ighuyyan, ighuyyan…

Min imsaren? Isseqsa tiri-nnes umi tugha ittarem timewwa s taycitin-nnes.

  Tarr-d xaf-s:

D rmexzen issexsay ighuyyan-nnegh issesghad isutar-nnegh isug-d s taqsuh’i-nnes ghar imez’rad’-nnegh yarezzu ad issexsi tagrawla di idammen-nnegh…

  Tagrawla n ughrum di tbeqiyin illu,en iggwa inuda ggin ixemrawen jar aghrawen-nsen` tacnift tedwer d tarja ghar imez’rad’.

  Rmexzen israz’a aydud uca ixezzar, ma ad yini nelluz’ di ighuyyan, nigh ad yini d laz’ id yusin am twasit n tzawa.

  Isijj-d imal zi tburjet n umd’el-nnes, yufa âad aydud ittemrucca x ireqwaz n weghrum, yufi-t âad ittmengha akd zzman.

Extrait de Asfidjet,  Saïd BELGHARBI, Imprimerie Triphagraph, Berkane 2008, p. 74.

 

Traduction en français:

Le cri

 Le regard s’est fait des ailes vers le ciel, il a puisé le soupir du fond des puits de son cœur, un soupir sorti des silhouettes des cris.

Depuis qu’il s’est adossé pour mettre la tête sur ses attentes, il a trouvé la vie comme de l’obstination, elle (la vie) ouvre sa gueule vers lui comme l’hyène assoiffée.

Des cris, des cris, des cris...

Qu’est-ce qui s’est passé ? Il a interrogé son ombre quand il cousait  de ses sentiments les rivages.

Il lui a  répondu :

C’est le Makhzen(**) qui éteint nos cris, il fait taire nos revendications, il a attaqué nos pauvres par sa rudesse, il veut éteindre la révolution dans notre sang.

La révolution du pain dans les cuvettes qui ont faim de pétrir, il y a les toiles (d’araignée) entre les mains des vans, le pain est devenu un rêve pour les pauvres. Le Makhzen affame le peuple, et il regarde, est-ce qu’il va affirmer qu’il a faim de crier, ou va-t-il  dire que c’est la famine qui est arrivée comme la sécheresse ?

L’avenir a jeté un coup d’œil par la fenêtre de sa tombe, il a trouvé encore le peuple se disputer sur les rogatons du pain, il l’a trouvé en train de faire la guerre à contre temps.

(**) le gouvernement