La santé de l’enfant et de la femme

Observations et actions de l'Unicef

 

 

Introduction

Selon la Convention sur les droits de l’enfant, le droit à la survie implique que les Etats prennent des mesures de manière «à protéger la vie, y compris par l’allongement de l’espérance de vie, la diminution de la mortalité infanto-juvénile, la lutte contre la maladie, le rétablissement de la santé, la fourniture d’eau potable et d’aliments sains et nutritif». La santé maternelle est intrinsèquement liée au droit à la survie de l’enfant.

Le Maroc a réalisé des progrès importants dans le secteur de la santé. L’espérance de vie à la naissance a atteint 70,8 ans en 2004, le taux de couverture vaccinale se maintient aux alentours de 90% depuis plus de quinze ans et la couverture de la population par l’assurance maladie progresse avec la mise en œuvre de l’Assurance maladie obligatoire (AMO) et la perspective du RAMED [Régime d’assistance médicale, NDLR] pour les populations économiquement démunies.

Toutefois, de graves déficits persistent, comme la forte mortalité maternelle et néonatale, la persistance de carences nutritionnelles importantes, le manque d’éducation des parents à la santé et l’augmentation du taux de prévalence du VIH-Sida, même s’il est encore faible et contrôlable. La lutte contre ces obstacles persistants aux droits de l’enfant est un défi que le gouvernement du Maroc et l’UNICEF tentent de relever ensemble.

Le programme Santé de l’enfant et de la femme vise ainsi à appuyer le Maroc dans la réalisation des droits de l’enfant à une vie saine et des droits de la femme qui leur sont liés.

Etat des lieux

L’engagement du Maroc pour les droits de l’enfant à la santé est ancien. Il a notamment été couronné de succès dans le domaine de la vaccination. Mobilisation politique au plus haut niveau et dynamique sociale ont assuré la réussite de ce programme coordonné par le Ministère de la Santé avec l’appui de l’UNICEF. Aujourd’hui, la couverture vaccinale atteint 94% en milieu urbain et 84% en milieu rural.

Mais il reste à relever deux défis majeurs: la réduction de la mortalité infanto-juvénile et maternelle ainsi que l’élargissement de l’accès aux soins aux populations vulnérables, en particulier en milieu rural.

Dans le domaine de la santé maternelle, les femmes sont de plus en plus nombreuses à bénéficier de soins prénatals (68% en 2004 contre 25% en 1987) et de l’assistance à l’accouchement (61% en 2004 contre 26% en 1987). Mais les zones rurales accusent des retards considérables et le taux de mortalité maternelle demeure inquiétant: 227 pour 100’000 naissances vivantes au niveau national, soit un petit point de moins qu’en 1996.

Malgré l’extension de la couverture vaccinale, près de cinq enfants sur 100 meurent encore avant l’âge de 5 ans. La mortalité infantile de 40‰ en 2004 (contre 36,6‰en 1997) est repartie à la hausse du fait d’une reprise importante du taux de mortalité néonatale (27‰ en 2004 contre 19,7‰ en 1997). Les maladies les plus fréquentes sont les diarrhées et les infections respiratoires aiguës. De plus, la malnutrition est une cause de décès précoce. Si le retard de croissance et l’insuffisance pondérale ont reculé depuis dix ans, la malnutrition aiguë touche 9,3% des enfants, contre 3% en 1997.

Outre la difficulté d’accéder aux soins pour les enfants pauvres et ruraux, notamment dans les zones enclavées, les enfants pâtissent aussi du manque d’éducation de leurs parents, en particulier dans le domaine de la santé. Selon de récentes études, les principaux constats incluent la faible implication des pères dans l’éducation des jeunes enfants, la persistance de comportements nocifs à la santé des bébés en milieu rural et l’isolement de nombreuses mères arrivées en ville sans leur famille.

Dans le domaine de la lutte contre le VIH/Sida, le Plan stratégique national de lutte contre le VIH/sida (2002-2005) a eu un impact positif sur l’accès des malades à des infrastructures de soins adaptés et aux antirétroviraux. Mais la prévalence du VIH/Sida augmente, même si elle est encore faible: 0,13% en 2003, en nette augmentation par rapport à 1999 (0,07%).

La transmission du VIH/Sida de la mère à l’enfant est encore anormalement caractérisée par le fait que dans la majorité des cas, le virus est identifié chez les enfants avant de l’être chez les parents. De plus, les femmes sont de plus de plus touchées (42% des malades en 2005 contre 28% en 1995) et le mode de transmission hétérosexuel ne cesse de progresser.

Santé et immunisation

Le Maroc a réalisé des progrès importants dans le secteur de la santé comme en témoigne l’espérance de vie à la naissance (70,8 ans en 2004), l’atteinte d’un taux de couverture vaccinale et surtout son maintien à des niveaux avoisinant les 90% depuis plus de quinze ans ou l’instauration d’une assurance maladie obligatoire, entre autres. Cependant, par rapport aux OMD 4 et 5 [Objectifs du Millénaire pour le Développement - N°4 : Réduire la mortalité infantile, N°5 : Améliorer la santé maternelle, NDLR], des efforts importants restent à faire pour réduire les niveaux de mortalité infanto - juvénile et maternelle, particulièrement en milieu rural.

Cliquez ici pour en savoir plus sur:

- le contexte, l'histoire et les actions d'immunisation au Maroc avec l'Unicef

- l'Objectif 4: Réduire la mortalité infantile

- l'Objectif 5: Améliorer la santé maternelle

 

Programme Santé de l’enfant et de la femme 2007-2011

L’objectif stratégique du programme Santé consiste à faire en sorte que les enfants et les femmes jouissent de leurs droits à une vie saine. Dans les zones d’intervention du programme (Marrakech, Tensift, Al Haouz):

- la mortalité maternelle et infantile sera réduite de 10 points,

- les couvertures en soins prénatals et en accouchements en milieu surveillé seront augmentés de 20%,

- en 2011, dans 10 régions, 100% des femmes admises aux services planification familiale et consultations prénatales bénéficieront du conseil et dépistage volontaire du VIH/SIDA, et 100% des femmes dépistées séropositives et leurs enfants seront pris en charge.

Le programme privilégie l’accès des populations les plus vulnérables aux soins de santé de base et à l’amélioration de la qualité des prestations de soins essentiels pour la survie de l’enfant. Le partenariat avec les acteurs sociaux de proximité, leaders et élus locaux, associations villageoises, etc., sera privilégié. Un programme d’éducation pour la santé et le développement du jeune enfant ciblant les communautés comme les personnels spécialisés sera mis en place. L’exécution du programme se fera conjointement aux niveaux national et local.

Les solutions proposées pour faire face aux problèmes prioritaires qui entravent la réduction des mortalités maternelle et infanto-juvénile découlent des évidences scientifiques, comme par exemple l’addition de capsule de zinc dans le traitement de la diarrhée et des expériences d’autres pays.

L’apport du programme consistera à tester de nouvelles approches fondées sur le changement des comportements des familles et sur le partenariat et la collaboration des acteurs autres que ceux de la santé. Dans les quatre provinces de la région de Marrakech, cette intervention devrait permettre à 50% des parents d’acquérir les connaissances, les attitudes et les pratiques de base indispensables pour assurer des soins et une alimentation adéquats pour la survie, la croissance et le développement de leurs enfants.

Le programme Santé de l’enfant et de la femme comporte quatre composantes :

La réduction de la mortalité maternelle et néonatale: Plus spécifiquement, il visera à améliorer l’efficacité et  la qualité des services de santé offerts. Il s’agit de soins préventifs et curatifs dispensés dans les services de santé de base. Les interventions axées sur les principales causes de morbidité et mortalité infanto-juvéniles (y compris la période néonatale) et sur les complications liées à la grossesse (accouchement et post-partum) seront clairement définies au même titre que les normes de qualité dont la mise en œuvre doit être vérifiée systématiquement moyennant un système de suivi et d’évaluation qui implique l’ensemble des niveaux national, régional, provincial et local. Les compétences cliniques et les capacités de gestion des professionnels de santé seront développées en conséquence.

Faits et chiffres: Le Maroc est la lanterne rouge de l’Afrique du Nord (hors Mauritanie) en matière de mortalité maternelle. Aujourd’hui encore, 227 femmes sur 100’000 meurent pendant la grossesse, l’accouchement ou le post-partum (période qui s’étire 42 jours après la naissance). En milieu rural, ce taux atteint 267 pour 100’000 (contre 187 en milieu urbain).

L'Unicef a donc mis en place un programme intitulé "Dar Al Oumouma" pour l'amélioration de l’accès aux soins obstétricaux en milieu rural.

Cliquez ici pour en savoir plus sur ces "Maisons de la Maternité".

La nutrition: Cette composante cible le déficit des taux d’allaitement maternel et les prévalences élevées de carences en micronutriments Elle vise, au niveau national, l’utilisation, par 80% des familles, du sel iodé, de la farine et de l’huile enrichies. Cet objectif sera réalisé sur la base de législations appropriées, système de contrôle de la qualité, élargissement du partenariat public et privé et plaidoyer soutenu et ciblé à l’intention des décideurs, des producteurs et des familles. Le programme continuera la supplémentation en vitamine A pour les enfants de moins de cinq ans et les femmes en post-partum. Le taux d’allaitement exclusif au sein augmentera de 15% dans la région de Marrakech. L’accent sera mis sur le développement des capacités du personnel de santé, la sensibilisation de la population, le partenariat avec les ONG et la mise en application du code sur les substituts du lait maternel pour inverser la tendance à la baisse de l’allaitement maternel des 15 dernières années.

L’éducation en matière de santé et développement du jeune enfant : Il s’agit de travailler sur la modification des comportements à travers un vaste programme d’éducation parentale. La responsabilisation des familles, les parents en particulier facilitera la prise de décisions relatives au recours aux soins, à l’alimentation, croissance et développement du jeune enfant. Les potentialités locales seront mises à contribution à travers un programme d’information, de formation et de mobilisation.

La lutte contre la transmission mère/enfant du VIH/SIDA et l’information auprès des groupes à risque parmi les jeunes et les adolescents, dans le cadre du Plan national d’action de l’ONUSIDA. La prévention de la transmission du VIH de la mère à l’enfant constituera le principal domaine d’appui en matière de lutte contre le sida. La stratégie d’intervention repose sur le développement des capacités des professionnels de santé et des autres acteurs de la société civile impliqués dans les actions de proximité.

 

  Source des textes: UNICEF MAROC sur www.unicef.org/morocco

Source des photos: Brochure "Dal al oumouma: donner la vie en toute sécurité", UNICEF 2007.