Santé et immunisation au Maroc

Contexte

Le Maroc a réalisé des progrès importants dans le secteur de la santé  comme en témoigne l’espérance de vie à la naissance (70,8 ans en 2004), l’atteinte d’un taux de couverture vaccinale et surtout son maintien à des niveaux avoisinant les 90% depuis plus de quinze ans ou l’instauration d’une assurance maladie obligatoire, entre autres.

Cependant, par rapport aux OMD 4 et 5 [Objectifs du Millénaire pour le Développement - N°4 : Réduire la mortalité infantile, N°5 : Améliorer la santé maternelle, NDLR], des efforts importants restent à faire pour réduire les niveaux de mortalité infanto - juvénile et maternelle, particulièrement en milieu rural. Chaque année, près de 1'300 femmes meurent par complications d’accouchement et 26'000 enfants décèdent avant l’âge d’un an. La mortalité néonatale reste l’obstacle majeur à la diminution de la mortalité des enfants de moins de 5 ans car elle représente 57 % de la mortalité infanto-juvénile. Les écarts entre le milieu urbain (TMI de 33‰) et rural (55‰) sont élevés. Quant à la morbidité, elle reste dominée par les maladies infectieuses (diarrhées et infections respiratoires aiguës) et par la prématurité en ce qui concerne la période néonatale. Ces problèmes sont souvent associés et aggravés par la malnutrition. Entre 1987 et 2003,  l’insuffisance pondérale a été réduite de moitié, passant de 20% à 10%. Cependant, la hausse de l’émaciation est inquiétante puis qu’elle est passée de 3% à 9 % et atteint même 11% dans le milieu rural. Malgré les améliorations constatées dans le domaine de la nutrition, le progrès n’est pas identique pour toutes les régions au Maroc. Ainsi par exemple, l’insuffisance pondérale est deux fois plus répandue dans la région d’Al Haouz  (21,3%) qu’au niveau national (10,2%). La disparité persiste aussi entre l’urbain et le rural  (6,5 % urbain et  14,1% rural), selon l’enquête PAP FAM 2003.

Pour l’iode, la carence atteint 22% des enfants d’âge scolaire. Actuellement, 400'000 enfants naissent chaque année sans protection contre ces carences. L’impact sur l’économie du pays est évalué à 1,4 % du PIB. Pour la vitamine A, la carence touche 41% des enfants de 6 mois à 6 ans au niveau national. De plus, 31,6% des enfants âgés de 6 mois à 5 ans souffrent d’une carence en fer tandis que 33% des femmes en âge de procréer et 45% des femmes enceintes sont anémiques.

Par ailleurs, les données des enquêtes nationales sur la population et la santé ont montré une baisse inquiétante de la pratique de l'allaitement maternel exclusif chez les enfants de moins de 6 mois. La baisse est passée de 51% à 15%.

L’histoire de l’immunisation

L’histoire de la vaccination au Maroc remonte à l’année 1929 avec l’introduction du vaccin contre la variole. En 1949, le BCG [vaccin contre la tuberculose, NDLR] a été introduit et demeurait l’unique vaccin administré jusqu’en 1963 lorsqu’il y a eu la création d’une ébauche de programme d’immunisation en ajoutant le vaccin combiné contre la diphtérie, le tétanos et la coqueluche. Le premier renforcement de ce programme a eu lieu entre 1964 et 1967 par une campagne de vaccination contre la polio dans les grandes villes du pays. A l’occasion de la création du PEV (programme élargie de vaccination) en 1981, la première évaluation de la couverture vaccinale des enfants de moins de 5 ans montrait qu’à peine un enfant sur deux était vacciné. Il a fallu attendre 1987 pour voir naître un programme national d’immunisation bien structuré et disposant d’une stratégie fondée sur des campagnes annuelles à l’échelle nationale. Ainsi, le taux de couverture est passé à 80%. L’année 1992 a connu le lancement de l’Initiative d’indépendance vaccinale (1er pays au monde) entre le Ministère de la Santé et l’Unicef grâce aux efforts conjoints du Directeur exécutif de l’UNICEF et du Roi du Maroc, Hassan II. Depuis, le Maroc a acquis une autonomie financière pour l’acquisition de ses vaccins et continue jusqu’à présent à se les procurer à travers l’UNICEF. Dans le même temps, de nouveaux vaccins ont été introduits au calendrier national : vaccin contre l’hépatite B en 1999, vaccin combiné contre la rougeole et la rubéole en 2003 et vaccin contre l’hémophilus influenza en 2006. Ce renforcement s’est traduit par une augmentation conséquente du budget destiné à l’achat des vaccins qui est passé de 38 millions de DH en 2000 à 80 millions de DH en 2006.

En plus de l’impact sur la réduction de la mortalité infantile, le tétanos néonatal qui était la première cause des décès néonataux en 1989 a été éliminé d’après une évaluation conjointe OMS/UNICEF en 2002.

Actions 

L’UNICEF, depuis son implantation au Maroc a assuré un accompagnement technique et financier du programme d’immunisation. L’appui de l’UNICEF avant l’Initiative d’indépendance vaccinale a été dominé par la logistique (don de vaccins, chaîne du froid…). Après 1992, c’est l’appui à la planification et l’approvisionnement qui ont constitué les aspects essentiels de la contribution de l’UNICEF. Ces dernières années, l’accent a été mis sur le renforcement des capacités de la gestion du programme au niveau régional et ce, dans le cadre de l’accompagnement de la politique nationale en matière de décentralisation. 2007 connaît un renforcement majeur du programme d’immunisation à l’échelle nationale par le soutien de la campagne nationale de vaccination contre la rougeole (2ème dose) en apportant un appui technique à la planification de cette campagne et un appui financier par un  don de 3 millions de dollars.  

En ce qui concerne la lutte contre la malnutrition, l’UNICEF en partenariat avec la Banque Mondiale, Global Alliance for Improvement  Nutrition (GAIN)  et d’autres partenaires nationaux poursuit ses efforts pour apporter le support au Programme national de lutte contre les carences en micronutriments et l’implantation d’une législation nationale sur la fortification des aliments de bases (sel, farines et huile) en micronutriments. Ce programme commence à porter ses fruits : aujourd’hui,  toutes les huileries du Maroc ont adhéré à la fortification de l’huile de table par les vitamines A et D3. Cinquante minoteries ont  accepté de fortifier la farine en fer, vitamine B, PP et acide folique. Le ministère de la Santé a intégré l’approvisionnement en Vitamine A et D dans son budget. L’UNICEF fournit au pays la totalité de ses besoins en capsules de vit. A pour les enfants et les femmes.

Impact

La réduction de la prévalence des maladies cibles du programme d’immunisation a eu un impact sur la baisse du taux de mortalité infanto-juvénile. Il faut aussi mentionner les retombées positives d’ordres social (par exemple, la diminution des handicaps moteurs et mentaux liés à certaines maladies cibles de la vaccination comme la polio) et économique (coût de la prévention versus traitement).

 

  Source: Adaptation de la fiche "Santé et immunisation" de l'Unicef-Maroc, www.unicef.org/morocco.