Surcharge des classes scolaires

 

Un plan d'action est mis en place, la mobilité de la population et la non concordance entre la carte scolaire et les nouvelles constructions pointées du doigt.

Les élèves ne peuvent pas prétendre à une éducation de qualité. Tel est le constat général confirmé par les enseignants. Le phénomène de surcharge n'est que la partie apparente de l'iceberg. La gouvernance est hésitante, le modèle pédagogique en difficulté et la mobilisation autour de l'école peine à se mettre sur les rails. Le ministère de tutelle est responsable de cet état de fait.

Comment sommes-nous éternellement face au même handicap ?

Une interrogation qui ne semble pas encore trouver d'échos au sein du ministère. Ce dernier a instauré un plan d'action afin de gérer la situation et remédier à ce phénomène au niveau national. Il a développé les méthodes et les moyens pour réussir le dit plan d'action. Des budgets sont alloués afin d'effectuer des travaux d'extension et de rénovation des classes aux sein des établissements surchargés ainsi que la construction de nouveaux établissements, et surtout revoir la répartition des flux des arrivants et les mouvements des transferts.

S'agissant de la répartition des élèves, le ministère vise à canaliser leur mouvement. Fournir tous les efforts pour assurer à chacun d'entre eux une place pédagogique.

«Ce problème ne se pose pas au niveau de la délégation d'Anfa», affirme le responsable au niveau du département de planification au sein de l'Académie du Grand Casablanca. « Les structures sont abondantes, les classes sont allégées et l'offre en place est belle et bien pertinent et comble la demande». Le responsable n'a pas manqué de rappeler le rôle des écoles privées dans cet état des lieux. «Les écoles publiques attirent environ 48 % des élèves, tandis que les écoles privées recensent environ 52 % au niveau de la délégation d'Anfa. Un facteur qui a permis, parmi d'autres, à réduire la pression au sein des établissements scolaires de cette délégation».

Cependant, lors des visites effectuées à des établissements de la délégation de Nouaceur et de Lissasf', force a été de constater le grand déséquilibre entre le centre de la métropole et la périphérie. Pour explications, des responsables ont mis en exergue la mobilité démographique. «Il ne s'agit nullement d'un problème qui relève du secteur de l'éducation dans la mesure où la surcharge des classes au niveau national se pose particulièrement dans les nouveaux quartiers», appuient-ils. En complétant qu'il n'y a pas de concordance entre la carte scolaire et les nouvelles constructions. Pour eux, la surcharge n'est que le résultat de la concentration de la population dans une zone d'habitat».

Cette non compatibilité entre les schémas directeurs d'urbanisme relatifs au recasement et les établissements scolaires disponibles est pointée du doigt. Des explications qui ne semblent pas avoir d'échos chez les parents d'élèves. Ces derniers croient dur comme fer que ce phénomène va affecter à la fois l'opération d'apprentissage et le rapport élève/enseignant. La directrice de l'Académie régionale du Grand Casablanca minimise l'ampleur du phénomène en précisant : «qu'il s'agit d'une situation conjoncturelle et momentanée, ajoutant que des mesures seront prises pour trouver les solutions adéquates».

Les slogans choisis pour marquer cette année scolaire «Pour une rentrée scolaire de réussite», et «Rentrée scolaire exceptionnelle au Maroc» ne semblent absolument rien dire pour les parents d'élèves et les enseignants. L'exception et la réussite ne riment pas avec la surcharge qui étouffe certains établissements.

Ecole privée - école publique, le grand décalage

Ni surcharge de classe, ni manque de corps enseignant, les écoles privées offrent des conditions pédagogiques nettement plus convenables aux élèves. Et nombreux sont les parents qui ont opté pour l'enseignement privé malgré les coûts relativement élevés. Le programme enseigné n'est pas le même que celui dispensé dans nos écoles publiques, les moyens pédagogiques mis à la disposition de l'élève sont plus importants et les enseignants sont motivés et de plus en plus disponibles.

Touria est parmi ceux-là. Elle a inscrit sa fille dans une école privée pour plusieurs raisons aussi évidentes les unes que les autres. «Etant active, je ne peux me permettre d'emmener tout le temps ma fille à son école. A l'école privée, elle y est de 8h à 16h».

Jamal, enseignant dans un collège, avoue néanmoins que si les conditions pédagogiques sont réunies, la situation des enseignants bien arrangée et la demi-pension généralisée dans les établissements publics, beaucoup de parents y inscriraient leurs enfants.

Tout compte fait, entre le discours triomphaliste et optimiste des responsables de l'Education nationale et le tableau désolant qu'offrent les écoles, faites de classes surchargées et d'enseignants manquant à l'appel et démotivés, le fossé est très profond et renseigne, plus ou moins, sur le mode de gestion de l'un des secteurs les plus sensibles.

CT

Source: http://www.tarbiya.ma, par Houssam BOUZIDI, 05.10.2009