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Berbères du Grand sud marocain |
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| Le courage, et la sagacité,
d'un père de famille d'Iknioun, dans le Sagho, descendu s'installer près
d'Aït Marsite, dans la plaine désertique 30 km au sud où il a construit sa
maison. Après avoir trouvé l'eau et creusé un puits, d'un champ de cailloux
il a fait le jardin d'où il tire sa subsistance. En 1987, il veille en
silence au travail de ses enfants qui récoltent, irriguent, et créent de
nouvelles parcelles.
Pendant le travail au champ, Ali et Clio guident le troupeau de chèvres... Puis, c'est le retour à la maison. La luzerne nourrira les lapins, les moutons et la vache. On donnera de l'orge aux poules. La mère va traire la vache et fera du beurre avec une baratte en peau de chèvre. Une chèvre sera sacrifiée, dépecée et découpée pour faire des brochettes autour d'un thé. Avec les légumes du champ, sa viande sera dans le tagine du soir qui se prépare dans la cuisine...
Dans la cour, les enfants jouent avec un petit varan. L'aîné apprend les échecs à son jeune frère. La mère trie des lentilles en mangeant des criquets cuits dans l'eau salée et séchés au soleil : deux jours plus tôt, un vol de sauterelles avait dévasté la palmeraie de Zagora... Pendant la veillée, l'aîné fait réviser ses leçons de français à son jeune frère. Khadija reprend une tapisserie. La mère décortique des criquets. Le père songe... Une dizaine d'années plus tard, ses efforts seront réduits à néant par des sécheresses récurrentes... La maison et le village seront abandonnés... La désertification s'étendra vers le nord...
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